Gayaskin : des vêtements de sport écoresponsables

Aujourd’hui nous recevons Hélène DEPARIS et Pradeep COJANDE sur le blog de slow fashion de L’étiquette. Au programme ? Vêtements de sport écoresponsables, technicité et campagne de crowdfunding. Bonne lecture !

« Gayaskin : une marque de vêtements de sport écoresponsables »

vetements sport ecoresponsables

Crédits photos : Virginie Zilbermann pour Gayaskin

Justine : Bonjour Hélène, bonjour Pradeep ! Est-ce que vous pouvez nous présenter Gayaskin ?

Hélène : Gayaskin est une marque de vêtements de sport responsables alliant technicité, designs soignés et éco-responsabilité et s’adressant pour le moment uniquement aux femmes.

Nous voulons donner envie de mieux consommer en ayant une démarche sincère et poussée, mais sans culpabiliser à outrance les consommateurs.trices. Plutôt en suscitant le coup de cœur pour des produits performants et esthétiques.

vetements sport ecologiques

Pradeep : Nous agissons sur l’ensemble de la chaîne de valeurs.

Les matières premières d’abord, puisque nos tissus sont faits en polyester et polyamide 100% recyclés, à partir de bouteilles en plastique, filets de pêche et tapis. Les cordons et les étiquettes de composition et marque sont également issus de plastique recyclé.

Toutes nos matières et accessoires (élastiques, pads de brassière etc) sont certifiés Oeko Tex ou Reach.

Tous nos fournisseurs sont européens avec notamment des tissus qui viennent d’Italie et une confection réalisée au Portugal.

Enfin nous reversons une partie de nos ventes à Surfrider, une association qui s’occupe de la protection des océans.

Nous avons par ailleurs pour projet de créer un partenariat avec une recyclerie pour gérer la fin de vie de nos produits.

Hélène : Côté design et esthétique, nous avons fait appel à des designers textiles français et nous avons travaillé pendant plusieurs mois avec eux afin de proposer des motifs exclusifs réalisés sur mesure.

vetements sport eco-responsables

Justine : Depuis quand avez-vous eu l’idée de ce projet ?

Pradeep : Depuis fin 2016 mais nous n’avons commencé à travailler dessus qu’en mai 2017

Justine : Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette aventure ?

Hélène : Cherchant depuis quelques années à consommer mieux, principalement dans l’alimentation et les cosmétiques, j’ai découvert il y a 2 ans environ les impacts désastreux de l’industrie textile.

J’ai alors essayé d’appliquer le « consommer mieux » pour mes habits, et plus particulièrement mes habits de sport, moi qui suis une runneuse passionnée qui adooooore les leggings aux designs sympas qui me donnent envie d’aller courir !

Mais j’ai été assez déçue par l’offre que je rencontrais : soit les matières n’étaient pas adaptées aux sports intensifs (on ne court pas son marathon en coton bio), soit les designs ne me plaisaient pas du tout : ou complètement hippies, ou vert et marron, le cliché du vêtement écolo.

Enfin je suis aussi tombée sur plusieurs marques à l’engagement plus que douteux, se rapprochant clairement plus du greenwashing que d’une démarche sincère.

Ni une ni deux, j’ai embarqué mon collègue Pradeep avec qui nous discutions régulièrement de consommation responsable et d’entrepreneuriat (ça tombait à pic) et nous avons créé ce dont j’avais besoin !

vetements sport ecolo

« Fair-play envers les hommes et les femmes qui fabriquent nos vêtements. Fair-play envers la planète. Fair-play dans nos échanges avec notre communauté. »

Justine : Super ! Quels sont les engagements portés par votre marque ?

Hélène : Nos engagements sont résumés par un mot, une valeur essentielle du sport que l’on souhaite appliquer en toutes circonstances : fair-play.

Fair-play envers les hommes et les femmes qui fabriquent nos vêtements.

Fair-play envers la planète.

Fair-play dans nos échanges avec notre communauté.

Pradeep : La sincérité et l’humilité sont selon nous les piliers principaux et le dénominateur commun de toute marque éthique. Notre marque n’est pas parfaite, mais nous expliquons nos limites actuelles et ne cherchons pas à cacher à tout prix les défauts. Nous faisons au mieux, en nous remettant constamment en question et en cherchant à progresser.

Justine : Très bien résumé. Qu’est-ce qui vous a poussé vers cet engagement-là ?

Hélène : Si l’on utilise la planète pour nos loisirs, et des ressources humaines ou issues de la planète pour fabriquer nos vêtements, ce n’est que fair-play de prendre soin de l’environnement et de respecter en retour les femmes et les hommes qui produisent nos vêtements.

Pradeep : De même, si des gens font confiance à notre marque, il faut être fair-play et leur rendre cette confiance en détaillant notre démarche de la manière la plus claire, et humble possible et en proposant des prix justes.

vetements sport upcycling

Ces engagements s’inscrivent naturellement dans une démarche de développement durable dont les 3 axes sont l’environnement, le social et l’économie.

Justine : Comment vous assurez-vous que vos engagements sont respectés ?

Hélène : Les labels et certifications donnés par nos fournisseurs (Oeko Tex, Reach ISO 9001, ISO 14001, GOTS, certification de contenu recyclé …) nous permettent d’apporter une preuve concrète de cet engagement.

Certains nous fournissent également des rapports d’analyses de cycle de vie effectués par des organismes externes afin de nous aider à chiffrer concrètement leur impact (et notre impact) par rapport à des matières vierges directement issues du pétrole.

Pradeep : Le fait de produire en Europe nous permet de profiter de la législation européenne en vigueur concernant les conditions de travail. De plus, cette proximité nous aide à visiter régulièrement notre usine de confection et de nous rendre compte par nous-mêmes des conditions de travail.

« Par rapport à un fil vierge, issu du pétrole, l’empreinte carbone est réduite de plus de 50% »

Justine : Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur la manière dont sont fabriqués vos produits ?

Hélène : Pour commencer, les déchets doivent être transformés en fil. Si on prend l’exemple des bouteilles en plastiques, elles sont d’abord collectées dans le Nord de l’Italie et triées par type et par couleur. Puis, dans la même région, elles sont lavées et broyées en copeaux. Ceux-ci sont ensuite chauffés et transformés en granulés uniformes. Les granulés sont alors fondus et extrudés pour faire des fils.

Pradeep : Tout ce processus de transformation est certifié Oeko Tex, donc sans substance chimique nocive. Par rapport à un fil vierge, issu du pétrole, l’empreinte carbone est réduite de plus de 50%.

Une fois le fil recyclé produit, il est tissé toujours en Italie puis le tissu est soit teint, au même endroit, soit imprimé en Espagne.

Hélène : Enfin, les tissus sont coupés et assemblés au Portugal, dans un petit atelier familial spécialisé et dirigé par le même couple depuis 30 ans !

Concernant les Tshirts, ils sont sérigraphiés à Paris.

Justine : Très clair, merci ! Comment avez-vous sélectionné vos fournisseurs ?

Hélène : Pour commencer, nous ne travaillons qu’avec des fournisseurs européens, à la fois pour profiter de la législation européenne vis-à-vis des conditions de travail et pour essayer de rester en circuit le plus court possible.

Ensuite, nous sélectionnons nos fournisseurs par rapport à leur transparence et leur capacité/volonté à nous donner des détails sur la traçabilité de leurs matières et à nous fournir des « preuves » de leur engagement (certifications ou labels).

Et puis, forcément, nous sélectionnons ceux qui ont la démarche écologique la plus poussée (matières recyclées, Oeko Tex …).

Enfin, les aspects prix et minima imposés rentrent bien sûr en compte dans la décision finale selon ce qui est possible pour une jeune marque comme la nôtre.

Justine : Vos plus belles réussites jusqu’à maintenant ?

Hélène : Sans aucun doute, les produits : avoir réussi le pari de faire des produits écologiques sans compromis avec la technique et le style n’était pas gagné d’avance et nous sommes hyper fiers du résultat !

vetements sport nylon recycle

Pradeep : Également, le fait d’avoir réussi à trouver une partie de nos « accessoires » (cordon et étiquettes) en matière recyclée afin de pousser dès la première collection notre démarche au maximum est également une belle réussite qui nous pousse à continuer dans cette direction !

Hélène : A titre plus personnel, le fait d’être complètement sortis de notre zone de confort en faisant chaque jour des choses que l’on n’avait jamais faites avant. Et de n’avoir pas complètement paniqué lorsque nous étions dépassés, pour toujours trouver une solution et continuer à avancer (bon, quelques micro-paniques tout de même 😉 ).

C’est une réussite que tout entrepreneur qui arrive finalement à lancer son projet doit célébrer ! Bien sûr la route est longue, mais ça, personne ne nous l’enlèvera.

Justine : Vous pouvez être très fiers de vous ! Qu’est-ce que ce crowdfunding représente pour vous ? Qu’est-ce qu’il va vous apporter ?

Pradeep : Le crowdfunding est pour nous l’aboutissement de cette première belle année d’aventure. C’est l’occasion de donner un coup de boost à notre communication en présentant notre marque, nos produits et nos engagements au plus grand nombre.

Concrètement, ça nous permettra de produire nos premières collections grâce à l’argent récolté pendant les préventes.

Cela nous apportera également une première crédibilité auprès de nos futurs distributeurs qui pourront mesurer d’avantage l’intérêt que suscite le concept et les produits.

Enfin, cela nous donnera plus d’indications sur les produits et designs qui plaisent le plus (et ceux qui plaisent moins).

Justine : Et après, quels sont les plans ?

Hélène : Vaste programme ! 😊 Nous avons tellement d’envies et de projets pour Gayaskin !

Tout d’abord, nous souhaitons étendre la gamme en proposant des shorts et des T shirts à manche longue mais aussi en proposant d’autres motifs sur nos produits déjà existants.

Puis nous aimerions entamer plusieurs collaborations avec des marques/entreprises aux mêmes valeurs (dont certaines sont déjà en cours … 😉 ).

Nous allons également travailler sur notre présence, en vendant nos produits à la fois via des marketplaces de mode éthique ou de sport mais également dans quelques boutiques physiques (et pas seulement parisiennes !) afin que tout le monde puisse venir toucher, essayer et se rendre compte que fibres recyclées ne veut pas dire qualité inférieure !

Enfin, un de nos petits rêves serait de créer une gamme pour hommes et devenir une marque mixte.

Justine : C’est tout ce qu’on vous souhaite ! Pour finir, qu’est-ce que vous conseilleriez à quelqu’un qui veut lancer sa marque dans la mode éthique ?

Hélène : Notre premier conseil serait de ne pas se lancer sans vraie proposition créative et de ne pas miser seulement sur le côté éthique. Pour cela, on essaie de se poser pour chaque produit la question : si demain par magie toutes les marques du monde étaient aussi éthiques que la nôtre, est ce qu’il y aurait encore des gens qui continueraient à acheter ce produit et pourquoi ? Cela nous aide à toujours avoir quelque chose en plus : un touché matière incroyable, un motif original ou une spécificité technique.

Pradeep : Le second conseil serait de s’armer de patience et de persévérance. Car du côté fournisseurs, il est dur de trouver ce que l’on veut, avec les réponses que l’on veut. Et du côté client, on peut parfois prendre en pleine face le syndrome de « oui vous faites ça, mais pas ça. Vous n’êtes pas parfaits. ». Et quand ça arrive dans la même journée, il faut s’accrocher 😉

Hélène & Pradeep : Le troisième : se lancer ! 😊

Justine : Merci infiniment pour ce partage très inspirant ! Pour soutenir Hélène et Pradeep en découvrant leurs magnifiques vêtements de sport écoresponsables, c’est par ici sur Ulule.

 

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