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Coton vert, des t-shirts en coton bio : Benjamin nous dit tout !

Ecrit par 19 septembre 2018 octobre 5th, 2018 Aucun commentaire

Nous vous avions déjà parlé de Benjamin, créateur de la marque Coton vert. Nous l’avons accompagné lors de sa campagne de crowdfunding sur Ulule où sont disponibles ses t-shirts en coton bio. Aujourd’hui nous sommes ravies de l’accueillir pour vous en dire un peu plus sur son projet !

Justine : Bonjour ! Avant de nous parler de Coton vert, est-ce que tu peux te présenter ?

Benjamin : Bonjour ! Je m’appelle Benjamin Lenoir, enchanté !

Crédits photo : @loeildemath

Je suis officiellement seul sur le projet de Coton vert mais je tiens à préciser que j’ai eu de l’aide d’étudiants pour préparer la campagne ! Que ce soit pour certains visuels (Hannah, Romane) la vidéo (Mathieu) ou encore des supports de com type flyers (Olivia et Loïse).

Sans eux, la campagne n’aurait pas été aussi aboutie, il faut leur tirer un grand coup de chapeau !

Justine : Chapeau tiré ! Et Coton Vert, qu’est-ce que c’est ?

Benjamin : Coton Vert est une marque de vêtements écologique et solidaire, à fort ancrage collaboratif.

Concernant mes produits, je propose aujourd’hui une collection de t-shirts en coton bio basiques brodés en France pour femmes et hommes ainsi que 3 modèles de tote bags.

J’ai l’ambition de rapidement lancer de nouveaux produits.

Les 3 piliers de Coton vert : Bio – Équitable – Solidaire

Bio : des vêtements (t-shirts pour le moment) en coton bio, bien meilleur pour l’Environnement et les Hommes. Mes t-shirts sont labellisés GOTS, cela assure une confection bio du début à la fin de la chaîne de production (production du coton, teintures…).

Equitable : des vêtements produits au Bangladesh, dans de bonnes conditions de travail pour les producteurs et artisans. Le label GOTS assure le respect des conventions de l’OIT (Organisation International du Travail), entre autres aucun travail forcé, pas de travail des enfants et une rémunération décente (plus de détails dans la rubrique « la production » ).

Solidaire: En plus d’une production éthique, j’ai souhaité apporter une dimension solidaire au projet. Ainsi, je m’engage à reverser, sur chaque produit vendu, 1€ à l’Association Partenaires qui vient en aide aux enfants des rues de Dacca, au Bangladesh.

Justine : Depuis combien de temps est-ce que tu travailles sur ce projet ?

Benjamin : J’ai eu l’idée de créer une marque de mode éthique en été 2017, il y a environ 1 an donc.

Aussitôt le défi en tête, j’ai créé un groupe Facebook (aujourd’hui nommé « Coton vert Coulisses ») sur lequel j’ai rapidement constitué une audience de personnes intéressées par mon projet et plus généralement par l’écologie.

Avec l’aide des membres du groupe, j’ai progressivement développé Coton vert et la première collection de t-shirts en coton bio.

Aujourd’hui, je suis fier et heureux d’avoir conçu des modèles qui correspondent aux attentes de cette superbe communauté ainsi qu’à mes convictions !

Marie et Anthony posent pour Coton vert

Justine : Pourquoi est-ce que tu t’es lancé dans cette aventure ?

Benjamin : Plusieurs choses. Mon expérience (stage, service civique et bénévolat aujourd’hui) au sein de l’association Artisans du Monde Rennes, qui m’a sensibilisé au commerce équitable et globalement à une consommation plus responsable. De nombreux reportages sur la “face cachée” du textile (le film “The true cost” ou le “Cash Investigations” entre autres) ont renforcé mes convictions.

En plus d’adopter moi-même un comportement plus responsable, j’ai souhaité en faire davantage en créant Coton vert, ma propre marque marque de vêtements éthiques.

En parallèle, j’avais également une grosse soif d’entreprendre et de mener une vie plus libre et pleine de sens.

Coton vert est né de ces différentes envies !

Justine : Super ! Quels sont les engagements portés par Coton Vert ?

Benjamin : Les engagements de demeurer une marque éthique, c’est à dire qui respectera toujours une fabrication respectueuse des Hommes et de l’Environnement.

L’engagement d’être une marque accessible, tant par les prix affichés qui resteront abordables pour une marque de mode éthique (je sais qu’à ce niveau-là, c’est relatif bien sûr), que par ma communication. C’est à dire que quel que soit le succès de Coton vert, je continuerai à être proche des gens qui me suivent.  A répondre à leurs interrogations, à les faire participer au projet et enfin à rester le plus transparent possible, comme je pense l’être depuis le début de l’aventure.

Détail plus technique, je promets aussi de continuer à faire des tailles qui conviennent à un maximum de monde (du XS au XXL actuellement). C‘est important pour moi que le gabarit de chacun.e ne soit pas à frein pour s‘habiller en Coton vert.

Justine : Pourquoi avoir choisi ces engagements-là ?

Benjamin : Parce que mes préoccupations sociales et environnementales sont réelles.  On sait que la mode est la 2ème industrie la plus polluante du monde derrière le pétrole. Et comme beaucoup de marques éthiques, j’ai envie de changer les choses à ce niveau.

Tout seul je ne peux pas faire grand-chose. Mais tous ensemble (marques éthiques, plateformes éthiques comme vous, consommateurs…), on a peut-être moyen de progressivement faire évoluer les choses, comme c’est davantage le cas en alimentaire notamment, avec l’énorme essor du bio et à plus petite échelle – du commerce équitable – depuis quelques années.

En ce qui concerne le côté “accessible”, je crois que beaucoup de consommateurs.trices qui aimeraient consommer davantage de mode éthique sont freinés par des prix parfois assez onéreux. Alors bien sûr, par définition un vêtement éthique sera forcément plus cher qu’un vêtement fabriqué par des enfants dans des enseignes que je ne citerai pas.

Effectivement il faut que les consommateurs.trices (et j’en fais partie) apprennent à mettre plus, dans des produits plus “clean” éthiquement et plus durables, à consommer moins mais mieux.

Mais tout de même, de mon côté je pense qu’il est possible de concilier éthique et tarifs raisonnables pour le consommateur.trice (en réduisant sa marge notamment), en tout cas c’est ce que je vais m’évertuer à faire. Là aussi (comme pour les tailles), avec l’ambition de proposer des vêtements éthiques accessibles au plus grand nombre.

Pour l’aspect participatif, tout simplement je trouve que ça ne se fait pas assez dans la mode alors qu’au final, ça me paraît plutôt logique de donner la parole aux gens qui vont acheter les futurs produits. Un système plus horizontal et moins vertical.

J’ai eu pas mal de retours positifs sur ce format d’ailleurs, je crois que les gens sont heureux de participer au projet et de s’en sentir réellement acteurs. Et moi je prends plaisir à agir ainsi, c‘est un bel échange et ça créé de vrais liens !

Dans tous les cas, toutes ces valeurs et préoccupations sont des choses ancrées en moi et qui le resteront toute ma vie a priori. Donc pas de risque que ça change en cours de projet !

Justine : Comment est-ce que tu t’assures que tous les engagements de Coton vert sont respectés ?

Benjamin : D’abord je pense qu’il y a une histoire de confiance mutuelle et beaucoup d’humain entre mes partenaires et moi ainsi qu’entre mes clients et moi. Mais évidemment, je suis bien conscient que ça ne suffit pas et qu’il faut des preuves.

C’est pourquoi j’ai choisi de vendre des t-shirts certifiés GOTS, qui assurent une production bio tout au long de la chaîne de production ainsi que respect des conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), les plus fondamentales pour moi étant : aucun travail forcé, aucun travail d’enfant, rémunération correcte et normes sécuritaires strictes.

J’ai toute confiance en ce label, qui est le plus sérieux à l’heure actuelle sur le marché, en matière de respect de l’environnement et des hommes.

Par ailleurs, en ce qui concerne le packaging pour l’envoi des colis, je vais m’assurer de n’utiliser que des matériaux recyclables : oust le plastique !

Justine : Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la manière dont sont fabriqués les t-shirts en coton bio de Coton Vert ?

Benjamin : Bien sûr, ce serait dommage de parler de transparence juste avant et de ne pas répondre à cette question non ?!

Pour la production des t-shirts unis, je travaille avec Biocoton,  une entreprise française qui agit pour une mode écoresponsable. Ils achètent le coton bio en Inde (au-dessus du prix du marché pour permettre aux fermiers indiens de vivre correctement). Ils font ensuite produire dans une usine au Bangladesh. Celle-ci est certifiée GOTS et cela m’assure une production respectueuse des Hommes et de l’Environnement justement.

Je parle de ce label plus bas dans l’interview et j’ai aussi posté une vidéo qui explique tout sur ce label sur ma page Facebook “Coton vert ».

Je sais que ces travailleurs au Bangladesh sont rémunérés 2 fois le SMIC local du pays. Le SMIC là-bas est à 60 dollars. Les ouvriers de Biocoton sont rémunérés 120 dollars, ce qui reste infime par rapport aux salaires français, mais qui est un salaire bien au-dessus de la moyenne là-bas. Cela leur permet de vivre correctement et subvenir aux besoins de leurs familles.

Eric, le gérant de Biocton, a aussi fondé l’association Himshika, qui accompagne la transition des producteurs indiens vers une agriculture bio et qui les aide à améliorer leurs conditions de vie.

Les broderies, elles, sont faites par Kristell, à Domalain (à 40 km de chez moi à Rennes). Idem pour les étiquettes intérieures, qui seront faites par une entreprise française (je suis toujours en recherche) et cousues également par Kristell. Kristell a fondé HK-Broderie il y a un 1 an et travaille seule de chez elle. J’ai beaucoup apprécié son histoire entrepreneuriale et personnelle.

Justine : Merci pour cette transparence ! Comment est-ce que tu sélectionnes tes fournisseurs ?

Benjamin : Justement, en grande partie par rapport à leurs conditions de fabrication. En ce qui concerne Biocoton, comme je l’ai dit plus haut, j’ai effectué de longues recherches pour trouver le partenaire idéal. Il me fallait un interlocuteur vraiment transparent sur toute la partie production entre autres. Eric a répondu à toutes mes attentes, contrairement à beaucoup d’autres (que je ne citerai pas !).

J’ai aussi appris qu’il était très engagé dans différentes associations, qu’il avait été – comme moi – bénévole chez Artisans du Monde.

J’ai également apprécié le côté “petite entreprise” de Biocoton, qui se développe encore (notamment dans le choix des produits) et qui va continuer à se développer en même temps que Coton vert.

Le choix de mes partenaires, c’est également beaucoup une histoire de feeling avec des personnes, comme avec Kristell, avec qui ça a tout de suite collé. Même chose du côté de l’association Partenaires, où j’ai rencontré Christian (le président) et Line, tous deux bénévoles.

Ça peut paraître évident mais je souhaitais vraiment travailler avec des personnes de confiance et avoir un contact direct avec elles (je n’ai pas 36 intermédiaires pour répondre à mes questions par exemple…) , j’interagis directement avec mes partenaires.

Pour Kristell et les broderies, j’avais également la volonté de travailler avec quelqu’un de mon département, pour participer (à mon échelle) au développement économique local.

Pour résumer cette longue réponse, je dirais que c’est  donc en grande partie l’engagement éthique/la transparence de ces partenaires et aussi beaucoup d’humain !

Justine : Est-ce que tu peux nous raconter tes plus belles réussites jusqu’à maintenant ?

Benjamin : Ma victoire aux championnats d’Ille-et-Vilaine de tennis de table dans le tableau 16 ?

Plus sérieusement, la réussite d’être en train de fonder un projet avec des gens super autour. La réussite d’avoir trouvé les partenaires qui correspondent parfaitement à mes valeurs. Et la future réussite (là encore le degré de réussite dépend du crowdfunding !) de soutenir l’association Partenaires et les enfants des rues de Dacca.

Justine : Qu’est-ce que ce crowdfunding représente pour toi ? Qu’est-ce qu’il va apporter à Coton vert ?

Benjamin : Ce crowdfunding, c’est d’abord l’aboutissement de la mise en forme de mon projet (les produits, les discours, les visuels…) mais aussi ses grands débuts, c’est un peu paradoxal.

C’est un test grandeur nature pour voir si mon projet plaît et fédère.

Il va dans tous les cas m’apporter beaucoup. Soit je ne vais pas atteindre mes objectifs et là ce sera une profonde remise en question sur mon projet, soit je les atteins et en quelques sortes les contributeurs valident ce projet.

J’ai mis un objectif relativement faible sur Ulule (100 pré-commandes) afin de l’atteindre rapidement et de donner un élan positif à cette campagne, mais je vous avoue que mon réel objectif va bien au-delà, j’espère atteindre les 200 le plus vite possible.

D’ailleurs, je vous annonce que lorsque cet objectif sera validé, vous pourrez commander 2 nouveaux produits ! Un t-shirt col V pour femmes et un sweat mixte sans capuche. 2 produits qui suscitaient de l’attente au sein de ma communauté et qui me tenaient à cœur de proposer avant cet hiver.

Edit : quelques jours plus tard…

Au moment je vous écris, il reste environ 48h et nous sommes à 241 commandes ! Du coup les t-shirt col V et les sweats sont à présent dispo sur Ulule (à des tarifs de lancement, uniquement le temps de la campagne). J’ai maintenant le pari un peu fou d’atteindre les 300 pièces commandées d’ici la fin ! Si on les atteint, je serais trooooop content ! Pour celles et ceux qui me liront, n’hésitez-pas à diffuser le crowdfunding autour de vous afin de m’aider à réaliser cet objectif !

Justine : C’est tout ce qu’on te souhaite ! Et après, quels sont les plans ?

Benjamin : D’abord livrer l’ensemble des contributeurs.trices le plus tôt possible et les remercier pour leur confiance ! Grâce à eux, le projet va devenir réalité !

Ensuite il me reste encore notamment les étiquettes intérieures à commander et une petite surprise que je glisserai dans chaque colis.

J’ai hâte également d’envoyer mes premiers dons à l’association Partenaires, ce sera une belle joie et une grande fierté !

En parallèle et comme dit plus haut, j’aurai aussi en charge la production de 2 nouveaux produits. Pour les sweats, j’ai opté pour des couleurs fortement appréciées par ma communauté, une fois de plus de façon collaborative.

Forcément la livraison sera un peu plus longue que pour les 1ers produits, mais je vais m’efforcer de les sortir le plus rapidement possible.

J’ai également le projet de créer ma boutique en ligne, pour cela et comme dit plus haut, j’ai la chance de bénéficier d’un coup de pouces d’étudiantes en graphisme.

Ensuite, à plus long terme, j’aimerais trouver un.e associé.e ou pouvoir embaucher un.e stagiaire, pour m’aider dans la communication et la gestion notamment. Et enfin, pourquoi pas un jour ouvrir ma propre boutique physique !

PS : j’ai oublié de vous dire que Christian, le président de l’association Partenaires, que je soutiens, m’a proposé d’aller avec lui au Bangladesh avant décembre, j’espère vivement que je pourrai m’y rendre, afin de découvrir le foyer de “Maer Achol” et rencontrer les enfants !

Justine : Un beau programme ! Pour finir, qu’est-ce que tu conseillerais à quelqu’un qui veut lancer sa marque dans la mode éthique ?

 Benjamin : Je lui dirais que c’est possible, qu’il faut se lancer, que ça vaut le coup !

Je pense qu’il y a aujourd’hui un vrai marché pour la mode éthique, car les consommateurs s’interrogent de plus en plus sur leur façon de consommer. En ce qui concerne l’alimentation, le bio connaît une ascension fulgurante depuis quelques années, le commerce équitable progresse lui aussi. J’ai bon espoir que la mode suive le même chemin.

Je lui conseillerais aussi de mener une communication transparente et pédagogique (comme j’essaye de faire au mieux) autour des différentes étapes de la production de ses vêtements ainsi que des enjeux liés à l’Environnement et aux Hommes par exemple.

Aussi, de ne pas mener son projet tout seul dans son coin. Il faut être à l’écoute de son entourage mais surtout de la cible qu’on vise. De mon côté, je mène mon projet de façon collaborative et j’ai de bons retours sur ce format, les gens sont contents de participer à l’évolution de la marque et à la conception des produits, ils retrouvent du pouvoir et leur mot à dire ! Je pense qu’il faut être proche des gens et à l’écoute, ne pas croire qu’en tant que fondateur d’un projet, on a la science-infuse…

Enfin je lui dirais qu’il faut être prêt à mener une vie d’entrepreneur.e, qui n’est pas du tout la même que celle d’un salarié. La fonction engendre beaucoup plus de responsabilités mais aussi plus de liberté…

Justine : Merci infiniment pour tes belles réponses ! On te souhaite beaucoup de réussite pour cette première grosse étape !

Edit : Coton vert a finalement atteint 307 commandes ! Les t-shirts en coton bio seront bientôt disponibles sur L’étiquette, notre boutique en ligne de mode éthique.

N’hésitez pas à laisser un commentaire encourageant à Benjamin ci-dessous !

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