Leurs histoiresParoles de créateurs

Krama Krama : Guillaume, l’un des co-fondateurs, nous dit tout !

Ecrit par 6 octobre 2018 2 commentaires

Au tout début du projet de L’étiquette, pendant qu’Eloïse codait d’arrache-pied le site, ma principale mission était simple.

Trouver des marques partenaires.

Concrètement ? C’étaient des heures (que dis-je ? des JOURS) de démarchage.

Pas forcément la partie la plus fun, me direz-vous ? Et pourtant. J’ai adoré !

Avant de me prendre pour une folle, laissez-moi vous expliquer.

Pendant ces journées, j’ai eu la chance de discuter avec des personnes incroyables. Qui, à force de beaucoup, beaucoup de persévérance, ont développé des marques plus qu’inspirantes.

Des marques pour qui on a envie de tout donner chez L’étiquette. Et à qui on espère ressembler un jour.

J’ai eu envie de vous transmettre cette énergie qui m’a animée lors de chaque échange. Et pour cela, quoi de mieux que vous partager leurs histoires, directement sur notre blog de mode éthique ?

Pour commencer cette belle série, voici l’interview de Guillaume Perrut, l’un des co-fondateurs de la marque Krama Krama. Je ne vous en dis pas plus, et vous laisse découvrir Krama Krama à travers les yeux de celui qui l’a créée. Bonne lecture !

Krama Krama, une marque de foulards cambodgiens

Justine : Bonjour Guillaume ! Peux-tu nous présenter la marque Krama Krama ?

Guillaume Perrut : Bonjour Justine ! Bien sûr.

Krama Krama est une marque de foulards cambodgiens qui sont confectionnés dans un petit atelier à Siem Reap à quelques centaines de mètres des somptueux temples d’Angkor au Cambodge.

La fabrication est totalement artisanale avec des métiers à tisser traditionnels en bois et les tisserandes sont rémunérées de façon juste et équitable.

Krama Krama Tisserande

Justine : Quand est-ce que vous vous êtes lancés dans l’aventure ?

Guillaume Perrut : Nous avons découvert le « krama », nom du foulard Cambodgien, en mars 2012 lors d’un voyage au Cambodge et en Asie du Sud-Est. L’envie de construire quelque chose autour de ce foulard traditionnel khmer a été immédiate.

Quelques semaines après notre retour, la société Oh My Krama était créée. Début septembre 2012 je m’envolais pour l’Asie pour démarrer cette aventure entrepreneuriale et trouver l’atelier de tissage qui répondait parfaitement à nos exigences (fabrication artisanale, bonnes conditions de travail, pas de travail d’enfants…)

Notre boutique en ligne a été officiellement lancée le 12 décembre 2012.

A l’origine nous étions quatre co-fondateurs. Aujourd’hui nous sommes deux, ma sœur Claire et moi, pour une aventure éthique et familiale !

Krama Krama foulard

Claire, la sœur de Guillaume, qui porte un foulard Krama Krama

« Le foulard khmer, un symbole au Cambodge »

Justine : Qu’est-ce qui vous a décidés à sauter le pas ?

Guillaume Perrut : Le foulard khmer est l’un des symboles du Cambodge. Il est porté au quotidien par des millions de Cambodgiens. Il sert à tout, là-bas : comme foulard bien sûr, mais aussi comme porte-bébé, comme hamac, comme baluchon,… En outre ce foulard a aussi une histoire tragique puisqu’il était utilisé par les Khmers Rouges (le foulard rouge et blanc).

En développant notre marque de foulards Cambodgiens nous voulions perpétuer cette fabrication locale et artisanale de cet emblème du Cambodge, tout en revisitant cette étoffe traditionnelle en ajoutant de nouveaux motifs et de nouveaux coloris. Et bien-sûr, en nous assurant que la rémunération soit juste, équitable, et que les conditions de travail soient exemplaires.

Notre baseline est la suivante : « Portez fièrement votre foulard Cambodgien » « Wear your Krama proudly ».

Les Khmers sont heureux et fiers de voir que leur foulard traditionnel est porté en France et dans le Monde avec Krama Krama. Cela représente beaucoup de choses pour eux.

Les foulards Krama Krama, une fabrication artisanale

Justine : On imagine, oui… Quels sont les engagements portés par Krama Krama ?

Guillaume Perrut : Notre premier objectif est de conserver l’art du tissage au Cambodge, en permettant à des jeunes femmes qui ont bien souvent appris à tisser auprès de leurs mères et grand-mères de continuer à exercer cet art, tout en percevant une rémunération juste pour leur travail.

Notre second objectif est de montrer qu’il est possible de créer une activité commerciale dont toutes les parties sont bénéficiaires. Le fournisseur (l’atelier et ses tisserandes), nous (Krama Krama) et le.la client.e final.e qui bénéficiera d’un foulard de qualité fabriqué dans de bonnes conditions.

Krama Krama foulard

Justine : Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur la manière dont sont fabriqués les foulards ?

Guillaume Perrut : Chaque foulard est fabriqué entièrement à la main à l’aide d’un métier à tisser en bois. Il faut environ 8 heures de travail (préparation des fils de coton et tissage) pour un foulard.

Les ancêtres de nos tisserandes utilisaient la même méthode ancestrale pour obtenir un foulard de qualité avec un tissage résistant dans la durée.

Nos foulards sont composés de coton mais aussi pour certains modèles d’un mélange de coton et de soie avec des teintures naturelles.

Justine : Waouh ! 8 heures ! C’est impressionnant. Comment avez-vous sélectionné vos fournisseur ?

Guillaume Perrut : Nous ne travaillons qu’avec un seul atelier de tissage. Nous grandissons avec lui, il a su évoluer grâce à nos commandes et a su développer de nouvelles techniques de tissage pour nous proposer des foulards d’une qualité exceptionnelle. Nos tisserandes sont formidables !

« Il faut environ 8 heures de travail pour un foulard Krama Krama »

Justine : Est-ce que depuis que vous vous êtes lancés vous voyez une évolution des consommateurs, des mentalités vis-à-vis de vos engagements ?

Guillaume Perrut : Bien sûr. D’ailleurs nos premiers foulards mis en vente sur notre boutique étaient en coton et en nylon (dérivé du pétrole). Cela n’a pas plu à certaines personnes lors du lancement officiel du site.

Nous avons compris notre erreur, nous avons demandé à l’atelier de retravailler sur des modèles uniquement en coton. Quelques semaines plus tard, des foulards 100% coton apparaissaient sur notre e-shop.

Krama Krama foulard

Un foulard Krama Krama

Justine : Vos plus belles réussites, vos plus beaux souvenirs ?

Guillaume Perrut : Notre plus belle réussite est sans conteste de faire travailler une quinzaine de tisserandes en nous engageant sur le long terme, avec des commandes nombreuses et régulières, tout en conservant l’art ancestral du tissage artisanal au Cambodge.

Ce pays a une société très intergénérationnelle. Bien souvent les grands-parents vivent avec leurs enfants et leurs petits-enfants. Ainsi, une centaine de personnes « profitent » du travail et de la rémunération des tisserandes pour vivre correctement.

Justine : Pour finir, qu’est-ce que tu conseillerais à quelqu’un qui veut lancer sa marque dans la mode éthique ?

Guillaume Perrut : Être transparent, ne pas mentir à ses clients pour vendre plus (par exemple ne pas déclarer que la fabrication est artisanale alors qu’elle ne l’est pas – exemple flagrant avec un de nos concurrents dernièrement).

Outre cela je pense que l’aspect des conditions de travail est primordial. Toute personne qui souhaite se lancer dans la mode éthique devra sélectionner avec attention ses fournisseurs et ne pas hésiter à vérifier les conditions de travail lors de visites inopinées dans l’atelier ou l’usine.

Justine : Merci beaucoup Guillaume d’avoir pris le temps de partager la belle histoire de Krama Krama avec nous !

C’est un grand honneur pour L’étiquette de travailler avec une si jolie marque. N’attendez plus, rendez-vous sur la page de Krama Krama pour découvrir tous leurs beaux foulards !

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